La Forêt de Fontainebleau – George Sand

Portrait de George SandLe texte de George Sand, dont nous vous proposons ici la lecture, est extrait du recueil Impressions et souvenirs. Publié au dernier tiers du XIXe siècle , ce texte a pour autant des résonances actuelles fortes notamment quant à l’impérieuse nécessité de préserver la nature. « Quelle conquête à entreprendre pour l’homme, et je dis pour tout homme actuellement vivant ou à naître ! Entrer dans la nature, chercher l’oracle de la forêt sacrée et rapporter le mot, ne fût-ce qu’un mot qui doit répandre sur toute sa vie le charme profond de la possession de son être ! cela vaut bien la peine de conserver les temples d’où cette divinité bienfaisante n’a pas encore été chassée ! » George Sand – alertée par une pétition d’artistes quant à l’adjudication de lots de la forêt de Fontainebleau aux bénéfices de personnes privés – livre un texte puissant sur la propriété, particulièrement frappant dans l’extrait lu mais bien évidemment aussi sur la préservation de l’environnement dont nous vous proposons deux passages ci-dessous.

Miroir drolatique. Si de George Sand ce portrait, Laisse l’esprit un peu perplexe, C’est que le Génie est abstrait, Et comme on sait n’a pas de sexe. A. Lorentz ; Chez Bauger, R. du Croissant, 16 ; Imp. d’Aubert & Cie. The New York public library. Digital collections

 

 

« Mais la forêt vierge va vite s’épuiser à son tour. Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme. N’en riez pas, ceux qui ont étudié la question n’y songent pas sans épouvante. »

« Le domaine de l’homme devient trop étroit  pour ses agglomérations. Il faut qu’il l’étende, il faut que des populations émigrent et cherchent le désert. Tout va encore par ce moyen, la planète est encore assez vaste et assez riche pour le nombre de ses habitants ; mais il y a un grand péril en la demeure, c’est que les appétits de l’homme sont devenus des besoins impérieux que rien n’enchaîne, et que si ces besoins besoins ne s’imposent pas, dans un temps donné, une certaine limite, il n’y aura plus de proportion entre la demande de l’homme et la production de la planète. Qui sait si les sociétés disparues, envahies par le désert, qui sait si notre satellite que l’on dit vide d’habitants et privé d’atmosphère, n’ont pas péri par l’imprévoyance des générations et l’épuisement des forces trop surexcitées de la nature ambiante ? »

Alors, George Sand, tristement visionnaire ? Si vous souhaitez lire le texte dans son intégralité, vous pouvez le consulter sur Gallica. Quant à nous, nous ne pouvons que vous inviter à rédécouvrir la plume de cette grande auteure à la bibliothèque.

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