Fabienne Boursier, de l’art aux jardins

Fabienne Boursier est historienne de l’art et des jardins.  Elle nous offre avec ses mots sa vision de la bibliothèque.

Vous, vous et l’horticulture ?                                  

Le jardin et le jardinage sont pour moi, au départ, liés à l’enfance, à la famille et aux paysages de bocage de l’ouest de la France. Mes parents et mes grands-parents étaient tous jardiniers. Ils cultivaient leur jardin d’ornement, aussi bien que leur potager. Devenue citadine, j’ai découvert les parcs et les jardins publics urbains. J’associe depuis longtemps le jardin autant à l’esthétique qu’à l’activité humaine, au plaisir autant qu’au travail. Aujourd’hui, mon rapport à l’horticulture est principalement théorique, mais aussi contemplatif. Bibliothécaire de métier, je suis revenue à l’horticulture par le biais de l’histoire de l’art, en menant une recherche de master 1 sur la représentation du jardin dans la peinture de Gustave Caillebotte[1]. Mon mémoire de master 2 m’a, en revanche, permis d’aborder le jardinage sous un angle ethnographique, et de mener une enquête auprès de jardiniers cultivant des jardins familiaux historiques, à Versailles[2].

Vous avez été cette année l’une des lauréates du prix de projet de la SNHF, qu’est-ce que cela revêt pour vous ?

Je suis fière d’avoir reçu ce prix ! C’est une récompense supplémentaire très encourageante. Cela m’a en outre permis de présenter mon travail lors du colloque scientifique de la SNHF La nature, le jardin et l’homme : Innover et préserver, qui s’est tenu cette année à Bordeaux[3].

Comment avez-vous connu la bibliothèque ?

Mon directeur de recherche de master 1, Emmanuel Pernoud, m’a conseillé d’y mener une partie de mes recherches. Et, en effet, j’y ai découvert plusieurs revues et ouvrages anciens introuvables ailleurs.

Sur quel sujet travaillez-vous actuellement ?

Je viens de terminer la rédaction d’un article sur la perception du paysage forestier en Guyane française[4]. Je continue, en outre, à travailler sur les jardins familiaux et sur d’autres projets.

Un conseil de lecture ?

C’est toujours difficile de faire une sélection… Alors, je donnerais deux conseils de lecture : Vert patrimoine : la constitution d’un nouveau domaine patrimonial de Françoise Dubost (MSH, 1995), une étude socio-ethnologique sur l’entrée des jardins historiques et des plantes cultivées dans le patrimoine et sur les implications en termes de gestion ; et plus récemment, Paradis ordinaires : l’artiste au jardin public d’Emmanuel Pernoud (Presses du réel, 2013), une étude sur la représentation du jardin public dans la peinture, du milieu du XIXe au début du XXe siècle.

Que souhaiteriez-vous pour la nouvelle bibliothèque ?

Je réside aujourd’hui loin de Paris, je souhaiterais donc un développement significatif de la bibliothèque numérique, pour un accès en ligne encore plus aisé aux revues et ouvrages anciens. Mais, je viendrai avec plaisir visiter les nouveaux locaux, dès que l’occasion se présentera !

[1] La représentation du jardin dans l’œuvre de Gustave Caillebotte : une peinture documentaire, entre illustration et art, Mémoire de master 1 d’histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2014. [En ligne] http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01088135.

[2] Jardins familiaux et jardiniers des Petits-Bois à Versailles : perception et appropriation du lieu, Mémoire de master 2 JHPP, ENSA Versailles, Université Paris 1, 2015. [En ligne] http://tinyurl.com/jpfe4cu.

[3] « Jardins familiaux et jardiniers des Petits-Bois à Versailles : perception et appropriation du lieu », dans La nature, le jardin et l’homme : Innover et préserver, Actes du colloque scientifique de la SNHF, 19 mai 2017, Bordeaux, Paris, SNHF, 2017, p. 35-40.

[4] « A la recherche du paysage dans la “forêt monumentale” de Guyane française à travers la culture amérindienne », dans Projets de paysage, juillet 2017, n°16. [En ligne] http://www.projetsdepaysage.fr/fr/_la_recherche_du_paysage_dans_la_for_t_monumentale_de_guyane_fran_aise_travers_la_culture_am_rindienne

 

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